Les travailleurs migrants et les travailleuses migrantes agricoles au Canada méritent une place à la table
Toronto (Ontario) – Le 29 mai 2026 – L’Union internationale des travailleurs de l’alimentation, de l’agriculture, de l’hôtellerie-restauration, du tabac et des branches connexes (UITA), une fédération mondiale représentant plus de 10 millions de travailleurs et de travailleuses dans plus de 400 syndicats affiliés dans environ 130 pays, demande que les travailleurs migrants et les travailleuses migrantes agricoles participant au Programme des travailleurs agricoles saisonniers (PTAS) obtiennent une place formelle à la table des discussions qui façonneront l’avenir du programme et le secteur agricole en général.
Représentant des travailleurs et des travailleuses dans l’agriculture, la production alimentaire, la transformation alimentaire, l’accueil et d’autres industries connexes dans des pays qui envoient et des pays qui reçoivent ces travailleurs et ces travailleuses, l’UITA croit qu’une participation significative des travailleurs et des travailleuses et qu’un dialogue social sont essentiels pour bâtir un système agricole juste, stable et durable qui bénéficie à la fois aux travailleurs et aux travailleuses qu’aux employeurs, aux communautés et aux gouvernements. Cette approche est conséquente avec l’Initiative pour le recrutement équitable de l’Organisation internationale du travail (OIT) et en lien avec les directives de l’OIT, incluant la Feuille de route pour le recrutement équitable et les Accords bilatéraux sur la migration de main-d’œuvre, qui reconnaissent le rôle important que jouent les syndicats dans l’avancement des systèmes de recrutement juste et dans la contribution des ententes bilatérales du travail.
Pendant des générations, les travailleurs migrants et les travailleuses migrantes – provenant du Mexique et des pays de la Communauté des Caraïbes (CARICOM) – ont joué un rôle essentiel dans la durabilité du système alimentaire canadien. Chaque année, des dizaines de milliers de travailleurs et de travailleuses voyagent vers le Canada pour planter, récolter et transformer les aliments qui soutiennent les communautés, les chaînes d’approvisionnement et la sécurité alimentaire partout au pays. Leur contribution est indispensable non seulement pour l’agriculture canadienne, mais également pour le bien-être économique des familles et des communautés partout dans les Caraïbes et les autres pays qui envoient des travailleurs et des travailleuses.
Le succès et la durabilité continus du secteur dépendent de travailleurs et de travailleuses stables, compétent(e)s et d’expérience. De plus, le secteur dépend de systèmes qui sont justes, transparents et enracinés dans le dialogue. Pour cette raison, l’UITA croit que les travailleurs migrants et les travailleuses migrantes doivent être inclus(es) dans les discussions concernant la gouvernance et les développements à venir du PTAS.
À l’heure actuelle, les gouvernements et les représentants d’employeurs se rencontrent régulièrement pour réviser les conditions du programme et les problèmes opérationnels. Ces discussions influent sur des enjeux dont les salaires, l’hébergement, les processus de recrutement, le transport, la santé et la sécurité au travail, les protections contre la violence et le harcèlement au travail et la gestion générale du programme. Malgré cela, les travailleurs et les travailleuses les plus directement impacté(e)s par ces décisions continuent de ne pas avoir de représentation formelle et indépendante dans ces processus.
La participation des travailleurs et des travailleuses ne devrait pas être perçue comme une source de conflit ou d’instabilité. Au contraire, une représentation significative des travailleurs et des travailleuses renforce les industries en améliorant la communication, en augmentant la transparence, en identifiant les problèmes à la source et en soutenant des relations de travail plus durables. Le dialogue social est plus efficace lorsque toutes les parties prenantes sont présentes et peuvent y contribuer de manière constructive.
L’importance du renforcement du dialogue social et de la gouvernance inclusive dans les systèmes de migration de la main-d’œuvre reçoit également une attention internationale croissante. En effet, le dialogue social et la gouvernance dans le monde du travail sont demeurés des thèmes centraux des discussions lors de la Conférence internationale du travail – le rassemblement annuel des gouvernements, des employeurs et des travailleurs et des travailleuses invité(e)s par l’OIT – et seront une fois de plus au centre des discussions en juin 2026. Cela reflète la croissante reconnaissance que les institutions durables du marché du travail nécessitent une participation significative des travailleurs et des travailleuses, ainsi que de leurs représentants.
Les syndicats affiliés avec l’UITA opèrent tant dans les pays qui envoient des travailleurs et des travailleurs que ceux qui les reçoivent et sont donc en position unique pour soutenir les travailleurs et les travailleuses tout au long du cycle migratoire. Leur expérience dans la représentation au travail, la santé et la sécurité au travail, la promotion de l’équité des genres, le combat contre la violence basée sur le genre et le harcèlement, ainsi que la résolution de conflits peut contribuer positivement à une stabilité et une résilience à long terme des systèmes agricoles qui dépend fortement de la main-d’œuvre migrante.
Cet enjeu a également été au centre des discussions de la récente 7e Conférence de la région caraïbéenne de l’UITA en Guyane, à laquelle les affiliés de toute la région ont participé aux côtés de représentant(e)s de l’UITA Amérique du Nord. Les délégué(e)s ont mis l’accent sur l’importance de renforcer la collaboration transfrontalière et les efforts coordonnés pour l’avancement des droits, de la représentation et du bien-être des travailleurs migrants et des travailleuses migrantes agricoles dans toute la région.
Plusieurs employeurs dans le secteur agricole reconnaissent la valeur des travailleurs migrants et des travailleuses migrantes pour leurs opérations et leurs communautés. Un cadre plus inclusif qui intègre la voix des travailleurs et des travailleuses peut aider à renforcer la confiance, à améliorer la rétention de la main-d’œuvre, à soutenir le respect des normes du travail et à contribuer à une main-d’œuvre plus stable et plus productive. Cela est dans l’intérêt autant des travailleurs et des travailleuses que des employeurs, des gouvernements et des consommateur(trice)s.
Alors que les systèmes agricoles font face à des pressions croissantes – des pénuries de main-d’œuvre en raison du manque de travail décent et les changements climatiques à l’instabilité de la chaîne d’approvisionnement – le besoin d’approches collaboratives à long terme est de plus en plus clair. Des solutions durables nécessitent la participation de toutes les parties, incluant les travailleurs et les travailleuses dont le travail soutient le secteur.
En conséquence, l’UITA exhorte les gouvernements, les organisations d’employeurs et les institutions compétentes impliqués dans l’administration du Programme des travailleurs agricoles saisonniers (PTAS) à mettre en place des mécanismes formels pour une représentation des travailleurs et des travailleuses, ainsi qu’un dialogue social au sein de la gouvernance du programme.
Les travailleurs migrants et les travailleuses migrantes agricoles ne sont pas simplement des participant(e)s dans la production agroalimentaire. Ils et elles apportent une contribution essentielle au système alimentaire et devraient avoir voix au chapitre dans l’établissement des politiques et des conditions qui affectent leur vie au travail, leur bien-être et l’avenir de la durabilité de l’industrie elle-même.
Communications médias :
Derek Johnstone
Coordonnateur de l’UITA Amérique du Nord
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