Le système alimentaire du Canada nécessite des réformes urgentes, affirme le syndicat des travailleuses et travailleurs de l’alimentation dans un nouveau rapport sur les travailleuses et travailleurs agricoles migrants
Toronto – 18 décembre 2025 – Les TUAC Canada, principal défenseur des travailleuses et travailleurs agricoles du pays depuis plus de 30 ans, publient leur rapport annuel sur la situation des travailleuses et travailleurs agricoles migrants au Canada, et réclament des réformes urgentes du système alimentaire canadien.
Publié à l’occasion de la Journée internationale des migrants, le 18 décembre, le rapport La situation des travailleuses et travailleurs agricoles migrants au Canada 2025 dresse un portrait de la réalité actuelle des travailleuses et travailleurs agricoles migrants et exhorte tous les ordres de gouvernement à mettre en œuvre, dès 2026, des solutions structurelles urgentes afin de protéger les dizaines de milliers de travailleuses et travailleurs migrants qui constituent l’épine dorsale du système alimentaire canadien.
Ces dizaines de milliers de travailleuses et travailleurs migrants jouent un rôle essentiel au sein de l’industrie agricole canadienne, un secteur de plusieurs milliards de dollars. Ils assurent la sécurité alimentaire nationale du Canada et fournissent une main-d’œuvre indispensable, tout en travaillant dans des conditions que l’on a qualifiées de « servitude systémique ».
En septembre 2023, le rapporteur spécial des Nations Unies sur les formes contemporaines d’esclavage, Tomoya Obokata, soulève de sérieuses préoccupations concernant les programmes canadiens de travailleurs étrangers temporaires, affirmant qu’ils peuvent favoriser des formes contemporaines d’esclavage. Malgré des décennies d’appels à la réforme, les travailleuses et travailleurs agricoles migrants demeurent parmi les plus précaires au pays : exclus des mesures de protection complètes du droit du travail, assujettis à des permis liés à un employeur précis et souvent incapables de dénoncer les abus sans risquer leur emploi ou leur statut.
Le rapport montre que le Canada ne respecte pas ses obligations internationales, notamment en ce qui concerne les obligations liées au travail décent de l’Organisation internationale du Travail. Les permis de travail fermés constituent toujours une source structurelle d’exploitation, les permis pour travailleurs vulnérables demeurent sous-utilisés, et une véritable mobilité sur le marché du travail, accompagnée de voies réelles vers la résidence permanente, s’impose.
La syndicalisation demeure la protection la plus efficace pour les travailleuses et travailleurs agricoles migrants, comme le montre la récente syndicalisation de travailleuses et travailleurs des champignonnières en Colombie-Britannique. Les TUAC Canada réclament également la mise en place de la négociation sectorielle dans le secteur agricole, en s’appuyant sur son succès éprouvé dans d’autres pays pour hausser les normes d’emploi à l’échelle du système alimentaire canadien.
« Ce qu’il nous faut maintenant, c’est la volonté politique d’ancrer les principes du travail décent dans les champs », déclare Barry Sawyer, président national des TUAC Canada. « Nous avons besoin d’une véritable voix pour les travailleuses et travailleurs, d’une mobilité réelle, de milieux de travail sécuritaires et d’un avenir stable au Canada pour celles et ceux qui produisent notre nourriture. À titre de syndicat des travailleuses et travailleurs de l’alimentation, les TUAC Canada sont prêts à participer à un dialogue social constructif avec les gouvernements et les employeurs afin de concevoir et de mettre en œuvre les réformes proposées dans ce rapport. »
Afin de s’attaquer aux injustices systémiques auxquelles font face les travailleuses et travailleurs migrants dans le secteur agricole canadien, le rapport appelle à une transformation audacieuse et globale qui dépasse les solutions réglementaires fragmentaires et qui mise sur des solutions structurelles fondées sur les droits de la personne, les normes internationales du travail et l’autonomisation des travailleuses et travailleurs.
Depuis plus de trois décennies, les TUAC Canada mènent la lutte pour les droits des travailleuses et travailleurs migrants. Pour en savoir plus sur cette action syndicale et sur les réformes urgentes qui s’imposent, consulter le rapport des TUAC Canada : La situation des travailleuses et travailleurs agricoles migrants au Canada 2025.

