Avis au Bangladesh : le pays doit tenir ses engagements en matière de droits des travailleuses et travailleurs, de sécurité au travail et de droits de la personne

Tout récemment, en exhortant le gouvernement du Bangladesh à cesser de mener la vie dure aux syndicalistes ainsi qu’aux ouvrières et ouvriers de l’industrie du vêtement du pays en général, on a réussi à faire libérer de prison les 35 militantes et militants qui avaient été arrêtés en décembre dernier, lors d’une série de descentes de police. Or, il n’en demeure pas moins que des problèmes importants persistent dans l’industrie du vêtement au Bangladesh, dont le gouvernement n’a toujours pas fait tout le nécessaire afin de tenir les engagements qu’il a pourtant pris sur le plan des droits des travailleuses et travailleurs comme sur celui des droits de la personne en général.

C’est à la suite d’une grande campagne internationale menée par le syndicat mondial IndustriALL et le syndicat mondial UNI ainsi qu’avec le concours des TUAC Canada (laquelle consistait à demander que le gouvernement du Bangladesh cesse de sévir contre les ouvrières et les ouvriers qui cherchaient tout bonnement à se syndiquer et à recevoir, par exemple, une rémunération adéquate et acceptable) qu’arrive la libération des militantes syndicales et militants syndicaux ainsi que des ouvrières et ouvriers en question.

Voilà donc comment le conseil bangladais du syndicat mondial IndustriALL a su négocier un accord à trois avec le gouvernement de ce pays et l’association des fabricants de vêtements, entente qui prévoyait l’élargissement des syndicalistes que la police avait arrêtés.

Tout en considérant ces derniers événements comme une victoire majeure pour les ouvrières et les ouvriers ainsi que pour les militantes syndicales et les militants syndicaux de l’industrie du vêtement du Bangladesh, les TUAC Canada font remarquer qu’il reste de véritables problèmes à régler dans ce grand milieu de travail, l’État, dans ce pays, continuant à négliger de tenir bel et bien ses engagements en matière de droits de la personne en général et, en particulier, de droits des travailleuses et travailleurs.

Par exemple, selon les observations d’un rapport d’inspection qui a récemment été rédigé à ce sujet, le gouvernement du pays ne s’était toujours pas conformé au Pacte sur la durabilité au Bangladesh. C’est pourtant entre le gouvernement de ce pays, l’Union européenne (UE), le Canada et les États-Unis ainsi qu’avec divers syndicats et d’autres organisations que l’accord en question a été conclu. Également, suivant celui-ci, il fallait impérativement apporter des améliorations au point de vue de la sécurité dans le lieu de travail, lesquelles devaient d’abord être soumises à l’approbation des syndicats ouvriers pour être ensuite inscrites, le cas échéant, dans leurs conventions collectives. Au moment où il a été signé, la tragédie de l’effondrement de l’usine du Rana Plaza demeurait justement assez récente. (Il conviendrait de préciser, pour mémoire, que cette catastrophe avait entraîné la mort de plus de 1 100 ouvrières et ouvriers du textile qui y étaient alors au travail.)

Afin de contribuer à contraindre le gouvernement du Bangladesh à satisfaire aux promesses qu’il a faites en ce qui concerne les droits des travailleuses et travailleurs et les questions de santé et sécurité au travail, chose qui ne tarderait déjà à se réaliser que depuis trop longtemps, les gens sont priés de signer la pétition des TUAC Canada dont le libellé exhorte le premier ministre du Canada, Justin Trudeau, à aviser les autorités bangladaises qu’il est de leur devoir de respecter leurs engagements sur le plan des droits des travailleuses et travailleurs, sur celui de la santé et de la sécurité au travail et sur celui des droits de la personne en faisant sans délai le nécessaire pour se conformer à tout ce que prévoit le Pacte sur la durabilité au Bangladesh.