|
|
|
Journée internationale des droits de la personne , 10 décembre 2009 |
2009-12-09 |
Le 10 décembre marque l’anniversaire de la Déclaration universelle des droits de l’homme. Ce document de 30 articles représente un ensemble de droits à respecter et protéger sur la scène internationale. Malheureusement, nous savons de par notre expérience dans les champs comme dans les usines, au Canada et à travers le monde, que ces droits fondamentaux et indéniables sont bien trop souvent négligés par les « nantis » au détriment des « démunis ».
D’abord et avant tout, la Journée internationale des droits de la personne est une occasion de célébrer nos victoires collectives dans l’arène des droits de la personne. En commémorant ce jour, nous savons que les personnes qui luttent seules contre la discrimination et l’oppression font parfois face à des difficultés insurmontables.
Au cours du dernier siècle, ce fut grâce à l’agitation collective et à la force des organisations syndicales que nous avons pu faire avancer le dossier des droits de la personne sur le terrain et devant les tribunaux. En fait, la plupart des causes liées aux droits de la personne au Canada qui sont allées devant les commissions des droits de la personne ne sont pas l’initiative d’individus. C’est par le biais des procédures de grief et d’arbitrage accessibles seulement aux travailleurs syndiqués que certains droits de la personne ont été acquis. Évidemment, ce chemin n’a pas été sans embûches majeures.
Du temps où ils furent considérés comme des « conspirateurs criminels » jusqu’à ce jour, nombre de syndicalistes ont donné leur vie pour les droits fondamentaux dont nous jouissons aujourd’hui.
Malheureusement, nos succès ne peuvent qu’être éphémères lorsque tant de gens subissent encore des indignations et de la discrimination ici au Canada et dans les autres pays du monde. La pauvreté est incontestablement à la fois une des causes et une des conséquences des violations des droits de la personne.

À mesure que la crise économique actuelle provoquée par le Nord continue de modifier de manière permanente le paradigme économique international, ces confrères et consœurs qui sont déjà brutalement marginalisés dans le Sud risquent non seulement de continuer à subir l’injustice sociale et économique mais aussi de faire face à une terrible catastrophe tant sur le plan économique que sur le plan des droits de la personne.
En dépit des efforts des militants, des organisations syndicales et d’autres organisations de la société civile, le 10 décembre passera malheureusement à côté de centaines de millions de personnes qui ignorent les droits qui leur permettent théoriquement d’exiger de leurs gouvernements qu’ils soient responsables envers eux et envers une vaste gamme de règles de droit nationales et internationales.
La situation pénible des travailleurs migrants dans le monde le démontre clairement. Autour du monde, nous voyons traiter la Déclaration universelle des droits de l’homme comme un document désuet et peu pertinent fondé sur des principes économiquement inefficaces. Mais, c’est précisément dans les temps comme aujourd’hui, où des dizaines de millions de travailleurs principalement racialisés venant du Sud s’attroupent dans le Nord, que le respect des principes de la Déclaration universelle des droits de l’homme et de la Charte canadienne des droits et libertés est le plus impératif.
Pourquoi? D’une part, le traitement des migrants au Canada, légalisé par le biais du Programme des travailleurs étrangers temporaires du gouvernement fédéral, n’est rien de moins qu’une source d’embarras national. Ce programme dépouille stratégiquement et systématiquement les travailleurs migrants de tout droit qu’ils ont peut-être eus en tant que travailleurs domestiques pour les marginaliser davantage, ce au profit des employeurs qui bénéficient d’une certaine « marge de manœuvre » financière. Tout comme les syndicalistes furent traités comme des « conspirateurs criminels » il y a un siècle, le traitement des travailleurs migrants est une plaie qui ronge notre conscience nationale.
En tant que la plus grande organisation syndicale du secteur privé au Canada, un des objectifs des TUAC Canada a été rien de moins que la mise en œuvre intégrale des droits de la personne dans les tribunaux, les rues, les usines et les champs. Le principe d’égalité, qui est enchâssé dans la Déclaration universelle des droits de la personne et la Charte canadienne des droits et libertés, ne peut être réalisé que si nous assumons la responsabilité collective qui nous incombe de faire respecter ces droits – notamment là où nos gouvernements ne le font pas.
Aucun droit ne s’acquiert par le silence.
|
|
|